Mardi, 22 Mai 2018

Bilan l’an 2 du Président Alpha Condé, vu par le président Mouctar

Bilan l’an 2 du Président Alpha Condé

« En 2012, la Guinée se trouve dans sa plus mauvaise situation depuis 1984 »

La prévision du calendrier Maya (tribu indienne) considère que le 21 décembre 2012 marquerait la fin du monde. Pour certains, cette fin du monde annoncée le 21 décembre 2012, ne veut pas dire forcément la disparition des êtres humains mais un grand changement de leur mode de vie. Donc cette prévision du Calendrier Maya correspondant au deuxième anniversaire du régime de Alpha Condé ne constitue t’elle pas une date de mauvais augure pour les Guinéens ?

 

En tout cas, deux ans après l’investiture de Monsieur Alpha Condé comme chef d’Etat, la Guinée au lieu d’avancer comme tous les pays du monde ou au moins s’arrêter au même lieu, a malheureusement reculé. « La Guinée is Back » comprenez « la Guinée en recul ». Certes, la Guinée a atteint le point d’achèvement PPTE et la signature du 10ème FED. Ces « succès » qui sont des conséquences logiques de la tenue des élections présidentielles et de l’annonce du chronogramme pour les élections législatives par le Président de la CENI, relèvent plus de la volonté des partenaires au développement à aider les populations guinéennes meurtries à sortir de la misère plutôt que le résultat d’une bonne gouvernance. Donc à bien analyser, on conclurait que c’est une aumône à l’échelle étatique.

Je prends seulement quelques domaines pour illustrer mes propos sur le recul de la Guinée depuis deux ans.

Sur l’impasse institutionnelle et politique : La machine électorale qui a permis l’élection présidentielle pouvait nous permettre immédiatement d’aller aux  législatives. Paradoxalement, le vainqueur de la présidentielle demande une reprise intégrale du processus électoral par la mise en place du nouveau fichier en violation de la loi (article 19 du Code électoral). Contrairement à l’opposition qui demande une révision du fichier électoral (conformément à la loi) et des élections transparentes immédiates pour sortir de la transition. Par cette attitude, le Président Alpha Condé veut maintenir la Guinée dans la transition liée à l’instabilité. Beaucoup de pays africains ayant organisé leurs élections présidentielles après celle de la Guinée - dont certains sortis de guerre comme la Côte d’Ivoire, la Lybie - ont fini de mettre leurs Assemblées Nationales.

Sur la difficile cohabitation entre les communautés nationales : A cause de l’ethno stratégie déployée à fond par nos gouvernants tant dans la mise en œuvre des projets de développement, que dans leurs propos et actes, l’ethnocentrisme est devenue une réalité en Guinée et divise gravement des communautés qui ont toujours vécu ensembles de façon harmonieuse. Diviser pour régner est le grand instrument de gouvernance du Président Alpha Condé qui refuse de réconcilier les Guinéens qu’il a fortement contribué à diviser.

Sur la banalisation de l’Etat et des lois : Le Président Alpha Condé viole la Constitution et la les lois en permanence et donne l’exemple à ses ministres, gouverneurs, préfets et sous préfets. Des cadres de l’administration suivent l’exemple en refusant d’appliquer la loi et même des décrets. C’est le cas du Directeur de la SOTELGUI qui a refusé de quitter son poste sur la bénédiction de la Coordination Manding. Même quand le Président Lansana Conté était gravement malade, aucun cadre n’avait osé refuser d’appliquer son décret.

Sur la promotion de l’impunité et la violation des droits humains : Depuis deux ans, le gouvernement n’a posé aucun acte sérieux pour faire la lumière sur les crimes passés. Pire, des assassinats commis de façon flagrante par les agents des forces de défense et de sécurité pendant son mandat n’ont fait l’objet d’aucune enquête à fortiori être sanctionnés. C’est la meilleure façon d’encourager les crimes dans tous les domaines.

Jamais la Guinée n’avait atteint ce degré de violation des droits humains. Les auteurs des crimes du 22 janvier 2007 et ceux du 28 septembre 2009 (jamais injustifiables) au moins expliquent que leurs pouvoirs étaient menacés  par les  manifestant massivement mobilisés pour les renverser. Par contre, les tueries de Guéckedou de Zaoro, de Zogota et autres n’avaient rien de politique. Pour des revendications d’ordre social, des citoyens ont été massacrés même dans leur sommeil, en pleine nuit, par des militaires, gendarmes et policiers lourdement armés.

Sur la menace de la liberté d’expression : C’est celui qui revendique quarante ans de lutte pour la démocratie qui a interdit pour la première fois en Guinée aux journalistes de RFI (Radio France Internationale) de venir animer des émissions de débat contradictoire entre les différents acteurs de la vie nationale. Et les journalistes de RFI qui avaient déjà pris leurs billets n’ont pas pu venir en Guinée. Les journalistes des medias publics sont en permanence menacés, suspendus et limogés sans aucune explication.

Le pouvoir interdit aux guinéens de se prononcer sur des sujet d’enjeu national, suspend arbitrairement des medias privés pour la simple raison qu’ils favorisent l’expression plurielle. La RTG (Radio Télévision Guinéenne) n’a jamais été aussi un instrument dangereux de propagande pour la pensée unique en faveur d’un parti unique.

Sur le népotisme dans la gestion des affaires de l’Etat : Ni le Président Sékou Touré, ni le Président Lansana Conté n’avaient associé leurs fils dans la gestion des affaires de l’Etat. Le Président Alpha confie tous les dossiers « juteux » de l’Etat à son fils qui est dans des manœuvres que personne ne connait. Le Président Alpha Condé, monsieur « mains propres » avait promis de faire publier sur l’internet tous les contrats de l’Etat. C’est pourtant grâce aux medias étrangers que les Guinéens ont été informés des 25 millions d’euro avec Palladino, de l’affaire des 150 millions de dollars avec le gouvernement Angolais etc. Et Dieu seul quoi encore ? de la bonne gouvernance chantée, nous en sommes à l’affairisme présidentiel et familial. La Guinée est classée par Transparenty International comme étant le pays le plus corrompu de l’Afrique de l’Ouest.

Sur l’insécurité : jamais la Guinée n’a atteint ce degré d’insécurité que nous connaissons actuellement. Des attaques à mains armées en pleine ville et en pleine journée. Des assassinats répétés et flagrants impunis sont perpétrés chaque jours, par des bandits de grands chemins et par ceux qui agissent au nom et pour le compte du pouvoir.

Sur le déficit d’électricité : Le Président Alpha Condé avait promis de régler le problème de l’électricité en six (6) mois. Lors du premier anniversaire de son investiture, il s’était engagé à fournir aux guinéens 16h d’électricité par jour. Aujourd’hui, force est de constater que même les tours ne sont plus respectés. Le CNDD (la junte militaire) en moins d’un an avait réussi à améliorer la fourniture d’électricité mieux qu’aujourd’hui.

Sur la dégradation de l’hygiène et de la santé publique : des immondices d’ordures sont trouvées partout à Conakry et à l’intérieur du pays. Le domicile du Ministre de la santé publique au quartier « Carrière » déverse dans la rue des eaux usées compromettant ainsi la santé de ses voisins. Par conséquent, j’invite tous les Guinéens à visiter le domicile du Ministre délégué à la santé et à l’hygiène publique monsieur Naman Keita, pour en tirer les conclusions sur la situation de ce secteur névralgique.  J’invite les médias publics et privés de prendre les pour mieux édifier l’opinion.

Les citoyens vont rarement dans les hôpitaux et Centres de santé car ne pouvant pas payer les frais de traitement et ceux qui y vont c’est  pour mourir car ils y trouvent des médecins et infirmiers démotivés, dans un manque d’équipements et d’infrastructures.

Sur le plan macroéconomique :

Le PPTE : c’est un simple jeu d’écriture. En effet, une dette que la Guinée ne payait plus et les créanciers n’avaient plus d’espoir d’être remboursés. Ainsi, cette initiative n’est nullement des espèces sonnantes et trébuchantes que nous avons reçues. Mais la réalisation d’une écriture comptable. En plus, elle ne concerne que les dettes contractées jusqu’ au plus tard le 31 décembre 2004 et pour uniquement les membres du Club de Paris.

La croissance économique estimée autour de 4 pourcent pourrait être difficilement atteint car les grands contributeurs de cette croissance sont essentiellement les secteurs minier, agricole et énergétique. Aujourd’hui avec l’arrêt et/ou le ralentissement des activités dans le secteur minier, les résultats mitigés des campagnes agricoles et surtout les piètres performances de l’énergie cette croissance ne sera pas au rendez vous. Mieux, avec un taux de croissance démographique de 3,1 pourcent, le PIB par habitant croit au rythme d’un pourcent par an (soit 4 dollars supplémentaires par an) à défaut d’être négatif. Cela indique que la situation du citoyen guinéen se détériore année après année.

Selon les statistiques de l’INS (Institut National de la Statistique), le taux d’inflation serait de 13,5 pourcent à fin octobre 2012. Cette statistique dont le calcul inclue une large partie des prix de « magasins témoins » est non seulement peu fiable, mais indique le rythme auquel le pouvoir d’achat du guinéen se détériore. Ainsi, depuis 2010, les prix ont augmenté de 100 pourcent contre une augmentation de 50 pourcent promise pour les fonctionnaires en 2013.

Sur la cherté de vie :

Le prix du transport : en 2010, le prix du transport d’un tronçon à l’autre c’est à dire d’une station à l’autre sur l’autoroute en taxi public était de 1000 francs guinéens (Fg) et actuellement il est à 1500 fg.

Pour les « Magbana » (mini bus) en 2010 c’était 500 fg et actuellement c’est à 1000 fg.

Le café noir (un petit verre de café) de moindre qualité, était à 500 Fg en 2010 et actuellement, il est à 1000 fg.

Le plat de riz de moindre qualité (sans aucun morceau de viande) c’était à 3000 fg en 2010 et actuellement, il est au moins à 5000 fg.

Le sac de riz de 50 kg était vendu à 100 000 fg avec les chefs de quartier et  au marché à 175 000 ; le « riz de Alpha Condé » est à 175 000 fg et au marché à 200 000 fg. Alors que le Président avait promis de faire vendre ce sac de riz à 25 000 fg après sa victoire aux élections.

Sur la grave détérioration du marché de l’emploi : Contrairement aux autres pays voisins qui créent des milliers d’emplois pour leurs jeunes, le gouvernement du « changement » en détruit.  La fermeture de la SOTELGUI, de l’usine de Fria, des Grands Moulins de Guinée, BADAM, la mise en faillite de GUICOPRESS, de FUTURELEC, le départ de certains miniers… ont occasionné la perte de milliers d’emplois en appauvrissant des centaines de milliers de citoyens qui vivaient à travers ces activités économiques. Cela aggrave le taux de chômage qui dépassait déjà les 70 pourcent. Les jeunes que le Président de transition, Alpha Condé conjugue au futur en disant qu’ils sont l’avenir alors qu’ils doivent être le présent sont instrumentalisés et desservis.

Par ailleurs, pour la première fois depuis plus de 10 ans, les acteurs du secteur pétrolier affirment que la quantité de carburant consommée en Guinée a baissé en 2012 par rapport à 2011. L’activité économique a considérablement baissé. Tout ceci impacte automatiquement sur la qualité de vie du guinéen qui a du mal à manger une fois par jour.

Avec toute cette situation de précarité, de haine, de frustration, de déception, de découragement qui pousse au pessimisme, on pourrait dire que la prophétie des Maya était faite à l’égard du peuple de Guinée qu’ils voyaient mourir  le 21 décembre 2012, avec à la tête notre « cher » El hadj Président Alpha Condé. Je ne dirai pas paix à l’âme des Guinéens, mais que Dieu les sauve !

Mouctar Diallo

Président du parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques)

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