Mercredi, 17 Janvier 2018

Le président Mouctar résume sa tournée occidendale à guinéenews

Guinéenews© : Vous êtes au terme d’un séjour qui vous a conduit aux Etats Unis d’Amérique et dans plusieurs capitales européennes, quel était l’objectif de ce déplacement ?

Mouctar Diallo : Oui, je finis une tournée que j’ai commencée aux Etats Unis d’Amérique où j’ai rencontré la communauté guinéenne dans sa diversité et les membres de notre parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques). Ensuite, j’ai rencontré des hommes politiques et des hommes d’affaires américains. Durant mon séjour américain, j’ai assisté à l’Assemblée générale de renouvellement du Bureau Fédéral de NFD aux Etats Unis qui a enregistré l’adhésion de beaucoup de nouveaux membres. Malheureusement, je n’ai pas pu répondre à l’invitation de beaucoup de Guinéens se trouvant dans certains Etats américains, par manque de temps.En Europe, j’ai fais les Pays Bas, la Belgique, la Suisse et la France pour assister aux renouvellement des bureaux fédéraux de NFD et valider de structures de base qui viennent d’être mises en place. Bien sûr, j’ai eu plusieurs rencontres stratégiques avec les élus européens et d’éminentes personnalités politiques et des hommes d’affaires dans ces différents pays.

En Belgique, j’ai rencontré les responsables de NFD, des Guinéens et Africains qui n’ont pas de papiers qui se trouvent dans des conditions dégradantes et nous avons plaidé leur cause auprès des autorités belges plus particulièrement au CGRA (Commissariat Général des Refugiés et Apatrides). Nous avons rendu visite, en tant que républicains, à Monsieur l’ambassadeur de Guinée à Benelux pour échanger sur les problèmes de ces Guinéens et les problèmes qu’ils rencontrent. Cette rencontre fructueuse nous a permis de savoir que Monsieur l’ambassadeur Ousmane Sylla et ses collaborateurs se battent pour les Guinéens et pour notre pays, qu’ils en soient félicités.

Les rencontres que nous avons eues avec les Guinéens et les autorités  nous ont permis de noter leurs propositions et doléances que nous allons transmettre et mettre en œuvre pour l’intérêt de tous les Guinéens.

Partout où je suis passé, il y a eu un grand engouement et des Guinéens vivant en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Suède m’ont invité sans que je ne puisse y aller pour des raisons liées à mon agenda. Mais ce n’est que partie remise.

Comment se porte votre parti NFD ?

NFD, se porte très bien au regard des nombreuses adhésions enregistrées au sein du parti ces derniers mois à Conakry, dans les préfectures et à l’extérieur. Des femmes et des hommes de tous les âges et de toutes les ethnies venus de divers horizons : ouvriers, chômeurs, étudiants, enseignants, avocats…ont massivement adhéré au NFD ces derniers temps. Donc, NFD se renforce et se positionne comme une alternative crédible pour une meilleure Guinée.

Bientôt, nous validerons des structures dans certains pays africains et européens. Et nous préparons une tournée dans toutes les préfectures de la Guinée.

La notoriété de NFD lui a permis d’adhérer  à une plate forme de l’opposition africaine qui a son siège principal à Paris. Et nous collaborons actuellement  avec beaucoup de réseaux africains et internationaux.

Quel bilan peut-on tirer aujourd’hui de votre jeune expérience de parlementaire ?

Ecoutez ! C’est d’abord un apprentissage, je suis au début de mon travail parlementaire. Ensuite, on essaye de dérouler notre vision de la Guinée et de travailler de façon objective. Tout en respectant la discipline au sein de mon groupe parlementaire « Démocrate Libéral » qui fait d’ailleurs un bon travail parlementaire, je cherche à orienter mes prises de position sur ce qui me semble être le mieux pour la Guinée. Et quelque fois, je suis mal jugé par certains, mais c’est leurs droits. Par exemple, sur un projet minier qui nous a été soumis pour vote, j’étais le seul député de l’opposition qui l’avait voté favorablement parce que d’abord je n’étais pas convaincu par les arguments avancés par mon groupe pour demander une abstention ensuite après avoir consulté quelques responsables de NFD, je me suis dit que la mise en œuvre de ce projet comporte beaucoup d’avantages pour la Guinée en général et pour les populations de Gaoual en particulier, parce que des routes et d’autres infrastructures seront construites, des milliers d’emplois directs et indirects seront créés, des centres de santé  et des écoles seront ouverts et il y aura des financements des activités génératrices de revenus en faveur des populations de Gaoual. Certains de mon groupe parlementaire avaient mal pris mon vote, mais je l’assume, moi je ne travaille pas pour un camp mais je travaille pour la Guinée. Donc, ce n’est pas facile, mais nous arriverons à bien jouer notre rôle de député de la nation pour l’intérêt supérieur de la Guinée. On me dit guerrier, mais je ne suis pas un extrémiste.

Quelle proposition de loi comptez-vous faire dans l’urgence pour lutter contre l’impunité qui gangrené la société guinéenne ?

La lutte contre l’impunité n’est pas une question de vote de nouvelle loi mais une question d’application de la loi qui existe et qui prévoit des peines contre ceux qui entrent en conflit avec la loi. Mais malheureusement, le gouvernement actuel favorise la violation de la loi en garantissant l’impunité aux criminels.

Donc, vous ne proposerez aucune loi ?

Non, je proposerai aux députés le vote d’une résolution pour que l’Etat paye sa dette intérieure afin les que entrepreneurs, les hommes d’affaires guinéens puissent continuer à travailler pour créer de l’emploi, dynamiser l’économie et aider les pauvres. Actuellement, l’Etat est en train d’appauvrir les hommes d’affaires guinéens en refusant de payer leurs créances et beaucoup d’entre eux ont fermé leurs entreprises parce qu’ils sont en faillite. On ne peut pas relever le taux de croissance économique ou développer un pays en appauvrissant ceux qui ont les moyens et qui investissent. Le président ivoirien, Alhassane Ouattara avait fait du paiement de la dette intérieure une priorité allant jusqu’à s’endetter auprès d’un Etat africain pour payer les entrepreneurs nationaux.

Ensuite, je proposerai aux députés le vote d’une résolution pour l’indemnisation de toutes les victimes de la violence politique.

Je compte proposer une loi pour la députation des Guinéens de l’extérieur, aussi une loi sur l’environnement et sur les artistes.Et je sais que nous examinerons des projets et des propositions de loi notamment sur les élections.Surtout, je proposerai une loi qui sanctionnera très sévèrement toute personne se rendant coupable de l’ethnocentrisme et de l’ethno stratégie.Dans le cadre du contrôle de l’action du gouvernement, je veillerai au respect par le gouvernement des droits humains et des principes de bonne gouvernance.

Quelle lecture faites vous de la situation politique guinéenne ?

La Guinée se porte mal, tous les indicateurs le prouvent. Le taux de pauvreté de la population est à 55,3 contre 53 % en 2008. Le taux de croissance en 2013, avant la fièvre Ebola, était de 2,5% contre 4,3% en 2007 pour un taux de croissance démographique de 3,1%. En faisant la soustraction du taux de croissance démographique au taux de croissance économique, on voit que la Guinée s’appauvrit. Depuis que Monsieur Alpha Condé est au pouvoir, les prix de carburant, les prix de transport en commun et les prix des denrées de première nécessité ont connu une hausse de 100% presque. Tout cela dans un contexte de chômage vertigineux qui dépasse les 70%.

La violation de la loi, la violation des droits humains avec l’assassinat politique de nos militants, l’impunité  érigée en système de gouvernance, l’insécurité avec des assassinats ciblés des citoyens et des grandes personnalités, l’ethno stratégie sciemment entretenue avec son corolaire de haine, de division et d’ethnocentrisme, le manque de dialogue politique, l’exclusion, l’injustice, la mal gouvernance, la morosité du climat des affaires et les difficultés des entrepreneurs et opérateurs économiques du fait du refus par l’Etat de payer la dette intérieure et la discrimination dans la passation des marchés publics, le mépris qu’a l’Etat envers ses citoyens à l’extérieur et notamment ceux de l’Angola, etc., constituent aujourd’hui une triste réalité qui fait que la Guinée se porte mal, voire même très mal.

La Guinée se trouve dans une situation inédite avec des assassinats ciblés. Le dernier cas c’est celui de mon frère et ami Thierno Aliou Diaouné. Un patriote et visionnaire avec qui j’ai travaillé d’abord au sein de l’ONG Actes Citoyens, puis au Conseil National des Organisations Société Civile Guinéenne et au gouvernement. Je renouvelle mes condoléances à sa famille biologique et institutionnelle et au peuple de Guinée.

Le bilan macabre durant ces cinq (5) dernières années est très élevé depuis le crash de l’avion militaire jusqu’au ministre Diaouné en passant par les bousculades sur les plages, les affrontements à relent communautaire, les crimes politiques, l’hécatombe d’Ebola, la Guinée a perdu des milliers de personnes qu’on aurait pu éviter avec une gouvernance clairvoyante.C’est pour tout cela qu’il est important et nécessaire dans l’intérêt de la Guinée, qu’il ait une alternance en 2015.

Des rumeurs courent que vous êtes souvent sollicité par le régime de Conakry, vrai ou faux ?

Depuis 2007, j’ai été sollicité par tous les régimes qui se sont succédé en Guinée. Mais notre objectif est d’arriver au pouvoir pour faire en sorte que la Guinée soit unie, démocratique et prospère. Vous savez contrairement à Monsieur Alpha Condé, moi j’ai le souci de ma place dans l’histoire.La question n’est pas de savoir si je suis sollicité ou pas, car dans un pays, tous les grands leaders sont sollicités par le pouvoir de façon officielle ou officieuse, de façon connue ou non connue, de façon directe ou indirecte. La bonne question est de savoir si on s’entend ou pas, dans le cas présent, je ne m’entends pas avec le pouvoir en place c’est pour cela que j’ai affirmé plusieurs fois que je ne serai pas membre de ce gouvernement parce que je peux servir ma Guinée sans être ministre.Nous avons un grand rêve et beaucoup d’ambitions pour la Guinée et les Guinéens que j’aime trop. Et cela ne se résume par l’occupation d’un poste ministériel ou par des intérêts particuliers et des appétits primaires. Nous voulons faire de la Guinée un eldorado et nous le réussirons avec le concours de tous les patriotes.

L’opposition accuse ses représentants de la CENI de rouler pour la mouvance présidentielle, quelle est concrètement la position du vice président de votre parti NFD, Etienne Soropogui ?

Selon les avis de la plupart des membres de l’opposition, Etienne Soropogui est le meilleur commissaire à la CENI.

Vos collègues réclament une nouvelle restructuration de la CENI avant les élections présidentielles, quelles sont les chances de faire plier la mouvance ?

Absolument ! NFD est partie prenante à part entière de cette décision de l’opposition républicaine. C’est nécessaire de restructurer cette CENI qui a prouvé son incapacité à organiser des élections transparentes et surtout qui a démontré qu’elle est sous les ordres de M. Alpha Condé.De toutes les façons, tous les acquis que nous avons eus avec ce pouvoir en place ont été arrachés, malheureusement au prix de beaucoup de sacrifices.

Alpha Condé annonce qu’il gagnera les élections présidentielles dès le premier, quel est votre avis par rapport à ces affirmations ?

Si les élections sont transparentes, M. Alpha Condé n’aura pas ses 18% du premier tour de la présidentielle de 2010 au regard de son manque de résultats et du recul de la Guinée depuis qu’il est pouvoir.

Quelles sont vos chances de remporter les élections ?

Oui j’y crois, nous faisons confiance à notre chef de file de l’opposition. Mais cette alternance passera nécessairement par l’unité franche de l’opposition c’est pour cela j’en appelle vivement au nom de NFD, à une unité sacrée entre tous les partis de l’opposition et de leurs leaders en général et surtout entre Elhadj Cellou Dalein Diallo, Monsieur Sidya Touré, Monsieur Lansana Kouyaté, Monsieur Jean Marie Doré et Monsieur Abé Sylla. Je vous garantis si cette unité est scellée de façon franche, j’insiste sur le mot franche pour l’intérêt de la Guinée, je vous assure qu’il y aurait une alternance en 2015 d’une façon ou d’une autre. Et ce, quelque soit le leader mis en avant.

Vous maintenez toujours votre déclaration de Labé à savoir de ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2015 pour soutenir le leader de l’UFDG ?

Je suis quelqu’un de constant et d’honneur qui respecte sa parole. Même si certains responsables de NFD m’ont critiqué et ont démissionné de NFD à cause de cette décision, mais je l’assume.

Pourquoi pas M. Sidya Touré ou bien c’est un soutien ethnique ?

Non, non, non, nous sommes de la génération d’une Guinée au delà des ethnies. J’ai une vision panafricaniste et donc je ne vois pas l’ethnie, je suis un Africain qui a une vision mondiale et qui veut apporter des solutions locales à la Guinée.Mon soutien à El Hadj Cellou est objectif et il s’explique par mon esprit patriotique et sens du réalisme. C’est parce que je souhaite vivement qu’il y ait une alternance en 2015, et il est le mieux placé étant le chef de file de l’opposition. En plus, j’ai confiance en ses qualités d’homme d’Etat et en ses capacités à faire avancer la Guinée. Donc, je souhaite qu’il soit élu ou à défaut je préfère M. Sidya Touré qui a fait ses preuves quand il était aux affaires en apportant en un laps de temps un changement qualitatif à la vie des Guinéens ou même M. Lansana Kouyaté que M. Alpha Condé qui a montré ses limites.

L’UFR suggère la présentation d’une candidature unique, quelle est la position de NFD?

Au moment venu, NFD donnera sa position. Vous savez que NFD est un grand parti qui fonctionne de façon démocratique. NFD ce n’est pas Mouctar Diallo, c’est l’ensemble de tous les militants et responsables à Conakry  dans les quatre régions naturelles de Guinée et dans beaucoup de pays africains, européens, américains et asiatiques.

Quel est votre dernier mot ?

Je demande aux Guinéens de refuser de tomber dans le piège de certains politiciens qui les divisent pour leurs intérêts personnels et égoïstes. Les Guinéens qui vivaient hier dans la fraternité se voient aujourd’hui comme des ennemis. En Hollande, à Eindoven, les  Malinkés et Peulhs ne se saluaient plus et ne se fréquentaient plus. Durant mon séjour, je suis allé avec des Peulhs présenter des condoléances à une famille malinké qui avait eu un décès. Cela avait ému tout le monde et ensemble ils ont décidé de redevenir une même famille, comme dans le passé.

NFD rêve d’une Guinée unie, démocratique et prospère.

Source  guineenews.org

SOUTENEZ N.F.D

MATCH GALA DE UDM

VIDEOS

GALLERIE PHOTOS

U.EUROPENNE

MATCH GALA DOUMBA

Interview de E.Soropogui

Interviw du ministre

RECHERHE

Grand Débat Africa No1

QUI EST ENLIGNE

Nous avons 60 invités en ligne