Mercredi, 17 Janvier 2018

"Nous irons jusqu’à la satisfaction entière de nos revendications " dixit le président Mouctar

Nous vous livrons l'interview du président Mouctar accordé à Mr CAMARA Moro Amara de L'Indépendant sur les sujets d'actualités.

Plutôt lisez:

 

L’Indépendant : Vos impressions après la suspension des activités de la CENI par le chef d’Etat?

 

Mouctar Diallo : D’abord, c’est une décision perdue. Parce qu’il y a eu encore des dégâts. On a perdu du temps et de nombreux Guinéens qui ont été blessés y compris par balles. Il y a des nombreuses arrestations arbitraires. Il ne fallait pas attendre qu’on enregistre tous ces dégâts pour que le pouvoir subisse des pressions tant à l’interne qu’à l’externe, pour prendre une décision aussi simple. Ce que nous, nous demandons, ce n’est même pas l’arrêt des opérations mais plutôt, la recomposition de la CENI qui prendra en charge le processus électoral en élaborant de façon consensuelle un chronogramme réalisable dans lequel il y a, bien entendu, les modalités et les dates de la révision électorale. C’est ce que nous demandons. Le fait que la décision soit prise par la Présidence, c’est un pas qu’il faut reconnaître bien qu’il soit venu tardivement. C’est un pas qui est aussi insuffisant parce que ce n’est qu’une suspension provisoire de quelques jours selon le communiqué, pour que Waymak fasse la démonstration de la fiabilité de ses kits. Donc, c’est pour vous dire que ce n’est pas une décision qui va jusqu’au bout. En plus, c’est comme si monsieur Lousény Camara contestait cette décision de la présidence. Donc, ça veut dire encore une fois, soit Lousény conteste l’autorité de l’Etat et à ce moment le pays est en danger, ou bien c’est une tactique du chef de l’Etat. Comme on le sait, quelquefois, il y a un écart entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. C’est pour vous dire encore une fois que nous ne sommes pas satisfaits.

L'Indépendant:Est-ce qu’avec cette main tendue du chef de l’Etat, vous allez accepter de sursoir à vos manifestations en cours ou bien vous comptez continuer jusqu’à la satisfaction entière de vos différentes revendications ?

Mouctar Diallo:Nous irons jusqu’à la satisfaction entière de nos revendications. Ce que nous demandons, c’est que la loi soit respectée. La loi sur la CENI parle de parité et on sait qu’il n’y a pas de parité là-bas. Nous demandons la recomposition de la CENI sur la base de la loi.

L'indépendant:Par rapport à ce respect de la loi, vous demandez à ce qu’on applique la loi et selon la même loi, cette institution est indépendante. Elle est mise en place pour un mandat de cinq ans. Est-ce qu’au cours de ce mandat, il est possible de faire un réaménagement comme vous le souhaitez ?

Mouctar Diallo:Il y a trois choses. Dans tous les cas, si l’on doit respecter ce mandat, la CENI a déjà fait ces cinq ans car elle a été mise en place en 2007. Et deuxièmement, l’esprit de la loi parle de parité dans la représentation. Dans d’autres pays, on ne parle pas de CENI. C’est parce qu’il y a une défaillance au niveau de l’administration et pour qu’il y ait une transparence, on a imposé une parité au sein de la CENI. Enfin troisièmement, au-delà de tous ces éléments, la valeur suprême de la République c’est la paix. Donc, même si les deux conditions ci-dessus ne sont pas remplies, pour préserver la paix dans ce pays, le chef de l’Etat doit intervenir parce qu’il est garant de la paix sociale.

L'indépendant:Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être le plus souvent attachés au consensus lorsqu’il s’agit des points sur lesquels la loi vous défavorise et en revanche, vous êtes systématiquement intransigeants dans l’application de celle-ci lorsque c’est le camp d’en face qui est fautif .

Mouctar Diallo:Ce n’est pas vrai. D’abord, c’est l’application de la loi que nous demandons. Au-delà, n’oubliez pas que nous sommes dans un contexte exceptionnel autrement dit nous sommes dans la Transition. Partout dans le monde, en période de transition, la loi est une force et le consensus en est une autre. N’oubliez pas que depuis le début de la Transition, c’est-à-dire le 23 décembre 2008, pratiquement l’essentiel des grands actes dans le cadre de la gestion de la transition a été fait de façon consensuelle. Un seul exemple, c’est l’organisation du second tour. Et pourtant, la loi est très claire là-dessus. Mais de façon consensuelle et pour préserver la paix, on a accepté à travers un consensus que la date aille jusqu’à quatre mois. Le consensus est nécessaire pour la gestion de cette fin de transition. Sur toute la ligne, nous avons raison.

L'indépendant: Qu’est-ce que vous vous êtes dits avec l’artiste reggae man ivoirien, Tiken Jah Facoly ?

Mouctar Diallo:Vous savez que Tiken Jah Facoly est un artiste engagé fortement dans la dénonciation et dans la proposition liée à la bonne gouvernance en Afrique. C’est dans ce contexte qu’il était venu même avant les élections présidentielles pour prêcher la bonne parole, le respect des principes de la loi et de la démocratie, l’unité et la justice. Donc, il était revenu pour discuter encore de ces principes. Je lui ai fait le résumé de tout ce qui ne va pas, de la mauvaise gouvernance que nous connaissons actuellement et tous les risques d’instabilité que le pays court. On a longtemps échangé sur ces points ainsi que sur son projet ‘’Un concert, une école’’. Sachant qu’il est venu pour construire une école en Guinée et aussi, nous avons parlé de tout ce qui est social et humanitaire en Afrique et des perspectives même qu’on a envisagées ensemble dans le cadre de l’Afrique de l’Ouest et du Panafricanisme. Il a souhaité rencontrer le chef de l’Etat pour lui donner des conseils mais, malheureusement, il n’a pas pu le rencontrer.

Guineeactu.com

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